Partager l'article ! Balade dans les bois: Bien plus que la déception d'avoir été trompée, c'est la rage de m'être trompée moi-même qui m'envahit quand je vous ...
Bien plus que la déception d'avoir été trompée, c'est la rage de m'être trompée moi-même qui m'envahit quand je vous écris un mail comme le précédant. Quand vous me dites que cela m'arrivera encore, je refuse de l'accepter parce que justement, je ne suis plus novice et parce que je prends toutes les précautions pour que cela ne m'arrive pas. Je vais au-devant de l'éventualité et je suis en alerte comme un feu clignotant. J'ai observé plus qu'attentivement le comportement, les regards, écouté plus que parlé et analysé chaque détail. Je suis furieuse contre moi-même d'avoir trouvé ce que je cherchais. Parfois, je me sens même coupable de m'enfermer dans un scénario de ce genre. Parce que je pense que l'on attire souvent à soi, ce que l'on craint le plus. Comme si je cherchais l'antidote dans le venin. Quand je revisite chaque étape et l'état d'avancement, je peux aussi simplement me dire que j'ai traversé un passage obligé et que je suis en train de construire une relation professionnelle durable, stable, fiable et efficace, avec je ne sais pas qui parce que je ne l'ai pas encore rencontré.
J'attends d'avoir de l'estime pour quelqu'un. Je ne fais aucune rencontre intéressante, je n'apprends plus rien de personne. Je ne trouve plus mes maîtres d'apprentissage. Je me meure de ne plus évoluer, de ne plus être remise en question, de ne plus avoir de défi à surpasser. Où est l'intelligentsia? Je cherche partout et je ne la trouve pas. Elle ne fait pas partie de mon environnement social, elle se cache derrière une porte, je frappe et elle ne m'ouvre pas.
Elle n'ouvre pas la porte à une jeune femme seule qui veut parler et penser. Personne ne s'intéresse à mon discours qui pourtant est un discours sous aucune
influence. Je suis libre, mais je suis seule. Je n'ai pas de fortune, je ne bénéficie pas des relations d'un père ni de la protection ou de l'encadrement d'une communauté religieuse.
Ma nature optimiste et victorieuse me conforte dans l'idée que mes choix sont toujours les meilleurs que je puisse faire pour moi-même. Quand je vous écris que je suis désespérée, c'est quand l'idée me traverse l'esprit, que je ne puisse plus me faire confiance en matière d'intuition. Je suis trop naïve et je manque de discernement pour analyser les gens, mais ce n’est pas la naïveté qui est coupable, c’est l’abus de naïveté.
Quand je me déçois, c'est comme si la vie entière me décevait, y compris les rêves et tout ce qui n'appartient pas au réel. L'imagination n'est rien d'autre que le chemin qui nous mène de la joie à la tristesse, de l'espoir au désespoir, de la vie à la mort, du réel à la fiction, de la campagne à la ville.
Quel serait mon refuge en cas de déception, si la nature n'existait pas? Comment pourrais-je survivre sans la liberté d'aller balader mon imagination dans les bois?
Quelle histoire pourrais-je bien m'inventer? Une histoire qui m'arrange ou une histoire qui me va bien (histoire de me remonter le moral et de reprendre confiance en l'humain).
Je vais mieux, mais je ne suis qu'au minimum de ma forme.
La suite de cette histoire au prochaine épisode, si le feuilleton de ma vie ne vous donne pas envie de zapper.