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Architecture int. ext.

Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 00:53

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J'ai découvert une fresque murale de l'artiste Françoise Van Kessel, dans le hall d'entrée de l'immeuble situé au numéro 25 du Boulevard Saint-Michel à 1040 Etterbeek.

Je suis actuellement à la recherche de ses autres fresques murales.

 

Voici un article écrit par Danièle Gillemon pour Le Soir.

 

Lundi 30 janvier 1995

Artiste et animatrice du «Sainte-Anne», Françoise van Kessel nous a quitté. Cette femme résolue cachait un peintre subtil.

Françoise van Kessel s'en est allée aussi brusquement que discrètement. Sa disparition fera date dans une vie artistique que ses exigences personnelles avaient contribué à placer sous le signe d'une profondeur de réflexion peu commune. Peintre secret, raffiné, nourri de poésie (celle d'Edmond Jabès, notamment) et de culture picturale, Françoise van Kessel était assurément une femme intelligente, une personnalité racée. Elle ne s'est pas contentée de jouer les animatrices plastiques au «Sainte Anne» mais approfondissait chaque aspect de la créativité qu'elle avait pour mission d'accueillir à l'aune d'un savoir éclectique et d'une pratique personnelle de l'art harmonieusement partagée entre l'abstraction et une conception plus artisanale de la peinture .

Première et meilleure complice de son fils Philippe, elle avait résolu, au sein de leur expérience commune, de décloisonner les disciplines qui lui tenaient à coeur (théâtre, musique, peinture, architecture...) et y était à sa manière amplement parvenue. Quelqu'ait été son intérêt pour les formes les plus nouvelles de la création artistique, sa lucidité et son honnêteté intellectuelle ne furent pas souvent mises en défaut. Ne nous faisait-elle pas part, il y a quelques semaines à peine, de son sentiment que des plasticiens intéressants étaient tenus sous le boisseau pour non-conformisme à l'académisme contemporain?

D'une curiosité émouvante, chez une dame qui avait fini par être âgée, pour les débats d'idées, Françoise van Kessel était aussi femme d'action et rêvait d'organiser un colloque sur la délicate question du divorce grandissant du public, même le plus informé, avec l'art d'aujourd'hui et sur la disparition de toute disposition de l'oeuvre d'art à communiquer. Elle voulait traquer le mal à sa source, bien résolue à ne point inviter les gens «tout désignés» dont les discours tiennent du prêt à porter mais ceux, plus rares et plus difficiles à mobiliser, qui vivent l'évolution de l'art dans l'intimité d'une passion, d'une pensée.

Cette fermeté et ce dynamisme qui la définissent si bien et restent à jamais liés à un aspect physique fragile, on n'aura pas eu le temps, hélas, d'en éprouver une dernière fois les vertus. Reste à découvrir une oeuvre picturale de l'alliage le plus noble, une oeuvre dont elle montrait de temps à autre les développements. Car Françoise van Kessel était avant tout artiste, soucieuse de créer son propre langage dans le secret d'une méditation qui lui soufflait que l'art n'a pas d'âge, pas de frontières et que les expressions les plus anciennes rejoignent parfois les plus modernes à condition de ne point cultiver la gratuité de l'expression.

Elle aimait travailler sur des papiers d'une qualité spéciale qui prétaient aux grands signes majestueux et abstraits qu'elle organisait en écriture voluptueuse et sereine, cette nécessité, cette justesse dans le sentiment poétique qui distinguent les vrais peintres des autres. Ne travaillant qu'avec quelques couleurs - le noir, l'ocre, un bleu profond... - elle était parvenue à réconcilier dans ses belles peintures et collages l'ornemental et le signifiant. Marquée par l'Orient, en dialogue ininterrompu avec l'écriture et la musique, son oeuvre est de celles, sans doute, qui ne se révèlent pas au premier coup d'oeil mais gagnent à se mesurer au temps et au silence.

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